Voici le deuxième chapitre de nos aventures à Tahiti...
Le mardi 22 juin a été consacré à la découverte de la route du monoï.

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Le matin après le petit déjeuner, nous avions donc déjà rendez-vous avec Olivier Touboul. Yes Tahiti avait affrété rien que pour nous un minibus avec chauffeur (super sympa le chauffeur d'ailleurs !!).

La route du monoï est un circuit qui fait le tour de Tahiti, comprenant 22 arrêts sur le thème du monoï.
Compte-tenu du temps dont nous disposions (toute la journée quand même), nous n'avons fait que 6 arrêts.

Pour notre premier arrêt (le numéro 9 de la route du monoï), nous n'avons pas dû faire beaucoup de chemin ; en effet, il est situé à l'hôtel Le Méridien Tahiti, à Punaauia, là où nous logions !! Il s'agit de l'atelier botanique de l'hôtel (en fait le jardin de celui-ci), qui permet de faire découvrir plus de 30 plantes représentatives de Tahiti et ses îles, dont certaines peuvent entrer dans la fabrication de certains monoï (dont le nono ou noni, la fougère Metuapua, la fleur de Hinano...).

C'est Dominique, le directeur de l'hôtel en personne, qui nous a fait la visite guidée !!

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(de gauche à droite : Elise, moi-même et Dominique)

La visite commençait par l'arbre du voyageur, ainsi nommé car en creusant un trou au centre du tronc de celui-ci et en y plantant une paille, on peut trouver de l'eau pure filtrée par l'arbre. Ainsi les voyageurs pouvaient boire de l'eau facilement s'ils trouvaient cet arbre sur leur chemin. Attention, si on s'éloigne du cœur du tronc, les feuilles laissent passer l'air et l'eau peut être souillée par les moustiques ou autres...

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L'arbre à gauche de la photo, avec le tronc qui paraît sec, c'est l'arbre du voyageur au cœur duquel on peut trouver de l'eau pure. Juste à côté de Dominique, c'est une pousse trop jeune pour remplir cet office.

La petite ballade dans le jardin de l'hôtel nous a permis de découvrir à quoi pouvait bien ressembler un manguier, un tiare tahiti, un frangipanier... Voyage garanti rien qu'avec des mots et des plantes !!
Nous avons également eu droit à l'histoire sur l'arbre à pain et les révoltés du Bounty (ce bateau à l'origine était venu à Tahiti pour ramener l'arbre à pain, afin de nourrir à peu de frais les esclaves d'Afrique)... Dont Olivier nous a copieusement parlé, il faut absolument que je le voie ce film !! L'arbre à pain est ainsi nommé car son fruit, une fois cuit, peut remplacer le pain tellement il est nourrissant.
Nous avons appris que si le cocotier se penche souvent sur l'océan, c'est pour mieux faire voyager ses noix, mais également parce que le sel rend cet arbre plus fertile (il y a plus de fruits sur un cocotier en bord de plage que sur un cocotier dans les terres...).
Nous avons enfin appris que si beaucoup de plantes sont emblématiques de Tahiti et ses îles (le tiare, le frangipanier, le cocotier...) aucune de ces plantes n'est véritablement endémique de ces îles, elles ont toutes été importées à un moment.

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Explications passionnantes d'un passionné !

Après ce voyage exotique dans le jardin de l'hôtel, nous avons pris le minibus pour nous rendre à notre deuxième arrêt, (en fait l'arrêt numéro 12 de la route du monoï), voir le marae Arahurahu à Paea.
"Un marae est un lieu sacré qui servait aux activités sociales, religieuses et politiques dans les cultures polynésiennes précédant la colonisation."(pour plus d'informations, voir Wikipédia). C'est un espace sensé relier les hommes aux dieux. On raconte que certains archéologues, qui avaient emporté quelques pierres pour analyse ou "en souvenir", ont eu de sérieux problèmes (il y a même eu des morts)... Jusqu'à ce qu'ils rendent ces pierres au lieu sacré.

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Un Tiki garde l'entrée du Marae... Il est largement plus grand que nous pour vous donner une idée de l'échelle. Bon, on n'est pas des géantes non plus, hein...

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Olivier qui nous explique les fonctions de ce lieu...

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La végétation luxuriante qui entoure le marae.

Après cette escale au cœur de la culture ancestrale maohi, nous avons repris le minibus pour nous rendre à l'arrêt suivant, numéro 13 de la route du monoï : la plage de Taharuu, où Robert Peretia nous a chaleureusement accueillis en paréo pour nous faire une démonstration de confection de monoï traditionnel !

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Robert en pleine action...

Pour faire du monoï traditionnel, suivez le guide !!
Tout d'abord, ouvrez une noix de coco fraîchement cueillie. Puis râpez la coco à l'aide d'une râpe à coco.

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Je donne l'illusion de parfaitement savoir râper une coco, hein ? En photo oui. Pour de vrai, j'ai à peu près la vitesse de l'escargot, comparé à Robert...

Une fois la pulpe de coco râpée (on s'arrête avant la coque, hein !!), on peut manger le germe de la coco, mais c'est pas obligatoire pour le monoï, c'est juste super bon...

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(miam !!! Tout coco cet après-midi là... Après avoir bu une coco glacée, nous avons goûté de la coco fraîche et même le cœur du germe de coco !! Oui oui, c'est ce qui ressemble au poireau, là... Mais ça n'en a absolument pas le goût, c'est très sucré !!)

Ensuite, pour fabriquer du monoï traditionnel façon Robert il faut... Un bernard l'hermite !! Ou au moins son abdomen... Âmes sensibles détournez le regard, on voit donc Robert faire sortir l'animal de sa coquille en sifflant (très impressionnant), le saisir, le détacher de sa coquille (c'est qu'il s'agrippe le pauvre !!) puis lui enlever l'abdomen... Pour ensuite mélanger cet abdomen à la pulpe de coco fraîchement râpée. Cet élément serait un catalyseur qui permettrait de retirer plus d'huile et plus rapidement de la pulpe de coco...

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RIP Nanard...

Une fois la coco et l'abdomen du bernard l'hermite mélangés, on peu ajouter les fleurs de tiare ouvertes, puis laisser reposer le tout plusieurs mois pour voir s'extraire l'huile.

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Voilà ce que ça donne au bout de plusieurs mois...

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Et voilà la couleur du monoï obtenu... Non, non, ce ne sont pas des bouteilles d'alcool !!

Après cette démonstration magistrale, nous avons dit au revoir à ce charmant monsieur... Nous sommes reparties avec chacune une grosse bouteille de monoï traditionnel !

Nous avons ensuite repris le mini-bus. Direction l'arrêt 16 de la route du monoï, à Papara, le Laboratoire de Cosmétologie du Pacifique Sud, dont Olivier est le directeur, et qui organise la Cosmetic Academy. J'allais enfin entrer dans ce labo et voir tous ces ingrédients qui me faisaient rêver !! Là-bas, une équipe de télévision locale nous attendait pour m'interviewer... Hum... Pas très à l'aise, je ne sais même plus ce que j'ai dit (on appelle ça la mémoire sélective hi hi !!) j'espère que je n'ai pas été trop ridicule !! Pour les images j'ai dû fabriquer un produit vite fait sur place (l'aubaine !! Chiiiiiiiic !!). J'ai choisi une huile légèrement gélifiée à l'odeur fruitée et sucrée, pailletée rose orangée, que j'ai baptisée Mona Mona (doux, sucré en tahitien).

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Sur place, Olivier nous a appris comment on confectionnait du monoï de manière traditionnelle. Ce n'est pas de l'huile de coco mais de l'huile de coprah (la pulpe de coco est séchée au soleil pour l'huile de coprah, elle est fraîche pour l'huile de coco) qui sert de base au monoï industriel. Dans cette huile, on plonge dans un filet l'équivalent de 10 fleurs de tiare au litre. Les fleurs sont encore fermées (en boutons) et n'ont pas d'odeur pour le monoï industriel... On ne met que les pétales, pour éviter de plonger de la chlorophylle, photosensibilisante, dans l'huile. On laisse macérer le tout pendant au moins 10 jours et on enlève les filets. Un peu de vitamine E pour éviter le rancissement, et le monoï est prêt !

Après cette visite attendue, nous sommes ensuite repartis pour nous rendre à l'arrêt numéro 17 : Tahiti Plantation à Mataiea.
Nous avons été accueillis avec le sourire par Romain, qui a remis à chacun d'entre nous un collier de tiare. Quelle odeur !!

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Un collier de fleurs et un champ de tiare... De quoi défaillir tant l'odeur est paradisiaque !!

Passionné, Romain nous a expliqué en détail comment on cultivait le tiare, la différence entre le tiare tahitien, stérile (et qu'il faut donc repiquer pour le dupliquer) et le tiare hawaïen, qui a des fruits mais moins de fleurs donc (l'énergie de l'arbuste va vers les fruits)...

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Il nous a expliqué que cette fleur, emblématique de la Polynésie, comporte entre 5 et 8 pétales. Qu'elle vit un jour seulement... Le matin c'est un bouton, qui s'ouvre progressivement la journée et meurt le soir... Il faut donc se dépêcher de cueillir tous les boutons le matin tôt pour qu'ils arrivent en bon état à destination. Toutes les cueillettes, tout le comptage se fait à la main !

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Avec plus de 10000 pieds de Tiare Tahiti, cette plantation est la plus grande de Polynésie.

Enfin, Romain nous a expliqué que sur un plant, on peut voir simultanément les fleurs qui vont éclore toute la semaine... Impressionnant, non ?

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De gauche à droite : les fleurs qui vont éclore dans 7, 6, 5, 4, 2 jours et la fleur du jour !! Oui, la fleur de dans 3 jours manque, parce qu'il a plu 5 jours plus tôt, l'arbuste a manqué de soleil et ne donnera donc pas beaucoup de fleurs dans 3 jours...

J'ai vraiment été plus que ravie d'apprendre toutes ces choses passionnantes sur l'arbuste qui porte mes fleurs préférées... J'ai longuement hésité à rapporter un plant de tiare, mais je me suis dit qu'en Auvergne, il avait peu de chance de s'acclimater...

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Petite photo souvenir de l'arrêt 17 de la route du monoï !

Il était déjà tard après toutes ces émotions ; nous nous sommes arrêtés dans un petit restaurant sympa en bord de mer et avons mangé du poisson cru les pieds dans le sable... Nous avons bien papoté notamment avec notre chauffeur et avons appris qu'il se marierait avant noël : tous nos vœux de bonheur !!

Notre arrêt suivant, le numéro 18 de la route du monoï, était celui du jardin botanique du motu Oviri à Papeari.
Juste en face du musée Gauguin, ce jardin botanique, en élaboration encore au moment de notre visite, rassemblera les principales plantes de la médecine traditionnelle tahitienne.
Peu de plantes étaient déjà sorties de terre au moment où nous étions sur place, en revanche, nous avons pu caresser deux tortues bicentenaires des Galapagos ! Impressionnantes par leur taille, ces tortues terrestres se laissaient caresser le cou avec délectation...

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Elle porte bien la fleur de tiare à l'oreille, hein, ma sœur ??!

Nous avons ensuite repris la route, pour nous arrêter (ce qui n'a rien à voir avec la route du monoï, j'en conviens, mais il y avait un jouli point de vue) au trou du souffleur.

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A cet endroit, la mer a creusé un tunnel sous la route qui la longe, ce qui fait un appel d'air bruyant (d'où le nom de cet endroit). On peut voir jaillir de l'eau de l'autre côté de la route.

A ce moment, il commençait à se faire tard... Le soleil s'est couché sur l'océan, devant nos yeux (il faut dire que nous abordions l'hiver à Tahiti, les journées étaient courtes, le soleil se couchait vers 17h45...).

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Nous avons donc pris le chemin du retour (en fait nous avons poursuivi notre chemin pour finir le tour de l'île) et nous sommes arrivés à l'hôtel vers 19h... Comme nous avions peu dormi, Élise et moi, nous étions un peu "confites", comme dit mon père... Nous avons dîné en vitesse et sommes allées nous coucher vers 22 heures...

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Le "butin" ramené à l'hôtel ce jour-là. Une grande bouteille de monoï chacune, des colliers de fleurs de tiare, un porte-clefs en forme de fleur de tiare (merci Olivier !!) et Mona Mona, l'huile créée au Laboratoire...

... Pour nous réveiller, fraîches et pimpantes (ou approximativement) vers les 2h30 du matin... Et impossible de se rendormir... Sacré décalage horaire !!
Le bon côté de la chose, c'est que nous étions prêtes tôt pour vivre les aventures du jour... A suivre dans un prochain chapitre !!